Catalogue

Benoît Dauguet, Mesures contre nature. Mythes et rouages de la compensation

Juin 2021.
13×20,5 – 220 pages – 14€

La compensation écologique se présente comme la solution permettant de concilier développement économique et protection de la nature. Sa logique est simple : si un projet d’aménagement dégrade l’environnement, il suffit de mettre en place un certain nombre de mesures environnementales qui permettraient de compenser ces dommages.

Loin d’être politiquement neutre, ce dispositif repose en fait sur une logique faisant des aménageurs les principaux acteurs de la protection de la nature. Ce livre permet de comprendre comment les bétonneurs du monde se saisissent de la question environnementale, pour la reformuler à leur avantage – hypothéquant durablement un avenir réellement écologique.

Gwenola Ricordeau, Crimes & Peines. Penser l’abolitionnisme pénal

Mai 2021.
12,5×18 – 200 pages – 12€

Au tournant des années 1970 et 1980 s’est formée la « première vague » de l’abolitionnisme pénal. Elle a profondément renouvelé le champ de la criminologie critique et les réflexions sur le crime, la peine et la prison. Les auteurs « classiques » de l’abolitionnisme sont encore peu connus en France.

À partir de textes majeurs de Nils Christie, Louk Hulsman et Ruth Morris inédits en français, Gwenola Ricordeau fait découvrir ce courant de pensée qui inspire aujourd’hui les mouvements pour l’abolition de la police et de la prison, et qui invite à repenser les conceptions de la peine et du statut de victime.

Française installée aux États-Unis depuis quelques années, Gwenola Ricordeau est professeure assistante en justice criminelle à la California State University, Chico. Ses travaux portent sur les proches des personnes incarcérées, la sexualité et le genre en prison et les approches critiques du système pénal. Elle est notamment l’auteure de Les détenus et leurs proches. Solidarités et sentiments à l’ombre des murs (Autrement, 2008) et de Pour elles toutes. Femmes contre la prison (Lux, 2019). Féministe et militante pour l’abolition du système pénal, elle écrit régulièrement sur les mouvements sociaux et les questions liées à la justice aux États-Unis et en France.

Léo Larbi, Sana

Avril 2021.
12,5×18 – 250 pages – 14€

Sana est un roman pluriel tressé autour d’une même figure féminine à deux âges opposés. Lulu, jeune enfant, tuberculeuse, enfermée au sanatorium de Roscoff, dont le flux intérieur des pensées, souvenirs, peurs et joies répond à son immobilité. Lulu, l’enfant devenue vieille femme, acariâtre, enfermée chez elle à Danjoutin, cherchant à atteindre sa fille en lui envoyant des collages hétéroclites de textes et d’images. Moins qu’un récit biographique, ce roman parie qu’une mémoire se constitue aussi de souvenirs qui ne nous appartiennent pas, ou plus. Non pas un récit de soi mais un récit où l’expérience et les souvenirs — et en premier lieu le traumatisme — sortent le sujet de ses gonds.

Léo Larbi, né en Alsace en 1985 et résidant aujourd’hui en Normandie, a suivi une formation universitaire en musicologie et en philosophie l’ayant mené jusqu’au doctorat. Si institutionnellement l’écriture a été pour lui liée d’une part à l’élaboration théorique et de l’autre à la composition musicale, il poursuit une
pratique romanesque depuis l’enfance. La découverte précoce – héritage de son père – de l’œuvre d’Henri Michaux marque pour lui un jalon crucial. Plus tard, la lecture amoureuse de Marcel Proust, James Joyce, Claude Simon et Samuel Beckett l’ont autant confirmé qu’influencé dans son désir d’écrire. Sana est son premier roman.


Phil A. Neel, Hinterland. Nouveau paysage de classes et de conflits aux États-Unis

Octobre 2020.
13×20 – 240 pages – 18€

Au cours des dernières années, la structure socio-spatiale des États-Unis a été fondamentalement transformée. Si la métamorphose est visible dans les pôles côtiers scintillants de la finance et de l’infotech, la majeure partie de ces transformations demeure cachée dans un territoire rural en déclin ou sur la frange des mégalopoles.

Hinterland, c’est l’arrière-pays américain, peuplé de batteuses à grains imposantes et de fermiers courbés, où des ouvriers venus de tous les coins du monde se pressent dans des usines et des « centres de distribution ». À la veille de l’élection américaine, Phil A. Neel nous livre ici les clés pour lire le conflit de classes et sa nouvelle géographie aux États-Unis.


Phil A. Neel est un géographe et activiste états-unien. Son travail vise à expliquer les déterminismes socio-spatiaux de la domination capitaliste contemporaine et à analyser les perspectives d’émancipation et les terreaux favorables à l’hypothèse communiste .


Chroniques du Désert, Corps mouvementés

Septembre 2020.
14×21 – 208 pages – 16€

Nos corps sont tenus en laisse et leurs débordements ne sont pas toujours la cause d’une libération. Si la pensée a bien des fois réinstaurée le corps comme l’expression même de la vie, elle l’a souvent fait au prix de la répression. Le corps torturé de la sorcière, les corps anéantis des hérétiques, les corps enfermés des sexualités…

Donner la parole aux corps, c’est pour nous la possibilité de penser ensemble la multiplicité des choses qui lui sont liées. Au travers de fictions et d’enquêtes sociales, philosophiques, géographiques, littéraires, nous interrogeons comment l’attention aux corps dévoile l’intention répressive et ouvre aux horizons révolutionnaires.


Chroniques du Désert est le nom d’une perspective. Celle-ci défend la nécessité de l’enquête. Les auteurs changent à chaque publication, disparaissant tout en pouvant revenir, mus par cette appétence commune.


Henri Lefebvre, Le manifeste différentialiste

Juillet 2020
11×18 – 224 pages – 12€

Le manifeste différentialiste fut publié pour la première fois en 1970 (Gallimard). Cinquante ans après sa sortie, les éditions Grevis ont trouvé dans ce texte une acuité au présent. Les revendications identitaires et micro-identitaires semblent aujourd’hui freiner les luttes collectives. Mais l’identité, d’après Henri Lefebvre, ne fonctionne pas tant par différence que par distinction.

La différence au contraire procède de l’affirmation et du dépassement. Si le retour de Lefebvre dans le champ des théories de l’émancipation arrive enfin en France, bien souvent cet ouvrage majeur est mis de côté. Il propose pourtant une hypothèse stratégique déterminante : la différence est révolutionnaire.


Raoul Vaneigem, L’insurrection de la vie quotidienne

Juin 2020
11×18 – 200 pages – 10€

Cet ouvrage compile une série d’intervention de l’auteur du Traité de savoir-vivre dans la presse à propos des insurrections mondiales en œuvre depuis 2018, ainsi que deux textes inédits.

Raoul Vaneigem oppose à la négativité de la terreur marchande et étatique un plaidoyer pour la vie et son autogestion inscrit dans un processus révolutionnaire qui ne fait que commencer. 


Chroniques du Désert, Le Désert Urbain

Septembre 2019.
14×21 – 304 pages – 14€
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La Métropole a cette étrange capacité d’annihiler toute extériorité ou, plutôt, de rendre tout intérieur à elle-même. Que l’on vive dans les campagnes, la Métropole se rappelle à nous : on y vend les produits agricoles, on y trouve les centres de pouvoir, on y produit l’information. La Métropole est quelque part ce qui détermine aujourd’hui la plupart des existences. Et pourtant, elle est désertique. Bien qu’elle soit le lieu de fourmillement, la singularité tend à y être abolie. Les chaînes de magasins, les infrastructures, les lieux de fêtes, les quartiers de relégation, les quartiers en rénovation, les friches industrielles peuplées d’artistes, les mêmes pseudos éco-quartiers, etc., tout conduit à voir, dans chaque ville, les mêmes jeux s’y jouer et les mêmes ingénieurs s’y ingénier. Pourtant, si des mécanismes similaires s’observent, ils ne suffisent pas à abolir les particularismes liés à certaines spécificités et, notamment, à la capacité des individus à ne pas laisser la ville se produire sans eux.


Chroniques du Désert est le nom d’une perspective. Celle-ci défend la nécessité de l’enquête. Les auteurs changent à chaque publication, disparaissant tout en pouvant revenir, mus par cette appétence commune.


Adrien Brault & Simon Le Roulley, Pour la grève

Septembre 2019
11×18 – 200 pages – 10€
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Depuis qu’il y a de l’exploitation au travail il y a de la grève. Celle-ci n’est pas à considérer comme un simple arrêt de la production : elle est une affirmation de soi. La grève est l’énoncé de notre irréductibilité à ce qui nous asservit. Car l’individu y affirme sa volonté de décider du sort qui lui est fait – par lui-même. Être pour la grève c’est ainsi travailler à en approfondir l’intensité, travailler à empêcher la réduction de sa signification.

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